La teinture végétale ? De quoi on cause ?

Après s’être soucié de ce que l’on mange, nous sommes de plus en plus nombreux à nous intéresser à ce que l’on porte. L’industrie textile est l’industrie la plus polluante après l’agroalimentaire.

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Dans ce contexte, certains créateurs textile ont affiché une démarche clairement éco-responsable pour expliquer la traçabilité de leur produit. Ainsi, on parle de l’origine de la fibre, de sa qualité, de sa manufacture, de son impact écologique … Mais rien n’est dit ou presque sur sa couleur … d’où vient-elle ? comment est-elle fabriquée ? Quel est son impact sur la santé ? Sur l’environnement ?

Parfois est affiché sur l’étiquette la mention teinture écologique ou teinture « öko-Tex ». Mais à quoi correspond une teinture dite écologique ? Qu’est-ce qui la distingue d’une teinture classique, d’une teinture chimique ? Est ce une teinture végétale ? Une teinture naturelle ?

Difficile de faire la différence entre toutes ces notions. Peu d’entre nous savent à quoi effectivement, elles correspondent. Et pour cause, aucune transparence ni communication n’est assurée en la matière.

Pour y voir un peu plus clair et faire des choix plus éclairés sur ce que l’on achète, je vous renvoie à la lecture de l’excellent article « le point sur les teintures » de Marie Lorrain publié sur feminibio.

Il convient donc de distinguer les teintures dites chimiques classiques dont le bilan est lourd en terme d’impacts sur la santé et l’environnement, des nouvelles teintures dites écologiques. Avec les normes öko-tex et Okonorm, on limite les dégâts en supprimant les colorants cancérigènes, les substances allergènes, les métaux lourds… Mais il n’en demeure pas moins que ces nouveaux colorants dits écologiques sont fabriqués à partir des dérivés du pétrole. Une teinture dite écologique ne signifie donc pas qu’il s’agit d’une teinture naturelle.

Viennent ensuite les teintures dites végétales avec malgré tout un double questionnement légitime posé par Marie Lorrain dans son billet sur les teintures. D’une part qu’en est-il de leur impact sur la santé en raison de l’utilisation de mordants que sont les sels métalliques tels l’alun, le fer ou le cuivre ? D’autre part, quelle est l’échelle de production possible pour ce type de couleur ?

Aujourd’hui, on est en mesure de pouvoir y répondre. Tout d’abord, grâce à l’immense travail de recherche et d’innovation mené par Michel Garcia http://www.michelgarcia.fr/, il est possible de se passer de ces sels et de fabriquer des couleurs 100 % végétales. Il s’agit alors d’une teinture végétale 100 % naturelle.

Ensuite, et, c’est sa limite, une couleur 100 % végétale ne s’accommode pas d’un processus de fabrication industrielle. La couleur végétale a toujours été et restera une activité artisanale qui permet de perpétuer des savoirs-faires ancestraux de coloration inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco.

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