L’histoire de Teinture Sauvage

C’est d’abord un besoin viscéral de s’enraciner dans un environnement naturel, de renouer avec les sens oubliés, sentir les saisons, vivre au rythme de la nature, de ce qu’elle nous offre. Vivre avec elle, faire avec elle, jamais contre elle. Donner un sens à mes gestes, un sens respectueux de la nature vivante : glaner, récolter, jardiner, observer, contempler, respirer…

C’est ensuite cette envie de me réapproprier des savoir-faire abandonnés pour les façonner, leur donner un nouveau visage pour une modernité éco-responsable : tresser, tisser, crocheter, teindre …

Et cet émerveillement permanent devant toutes les vertus et richesses que peuvent offrirent les plantes autrefois dénommées les « simples ». Outre mon intérêt premier pour leurs propriétés médicinales et aromatiques, je découvre que certaines d’entre elles ont longtemps été cultivées, récoltées pour faire de la couleur.

Après m’être souciée de ce que l’on mange, de comment on se soigne, c’est naturellement que je me suis intéressée à ce que l’on porte. L’industrie textile est en effet l’industrie la plus polluante après l’agroalimentaire.

Dans ce contexte, certains créateurs textiles ont affiché une démarche clairement éco-responsable pour expliquer la traçabilité de leur produit. Ainsi, on parle de l’origine de la fibre, de sa qualité, de sa manufacture, de son impact écologique. Mais rien n’est dit ou presque sur sa couleur : son origine, son mode de fabrication, son impact sur la santé et l’environnement.

Sont apparus des labels de teintures dites écologiques tels que öko-tex et Okornorm, qui permet de limiter les dégâts en supprimant les colorants cancérigènes, les substances allergènes, les métaux lourds. Ces nouveaux colorants sont pourtant fabriqués à partir des produits dérivés du pétrole.

C’est alors que je me suis intéressée aux modes de fabrication des teintures végétales. J’ai été séduite par leur fabrication qui ne peut être qu’artisanale. Qu’en est-il toutefois de leur impact sur la santé, sur l’environnement en raison de l’utilisation de mordants que sont les sels métalliques tels que l’alun, le fer, ou le cuivre ?

Après de multiples expériences, de formations auprès d’experts teinturiers tel que Michel Garcia et Magali Bontoux, faire une couleur 100 % naturelle est devenue une évidence, une nécessité. Sans quoi la couleur végétale n’aurait pas de sens au regard des valeurs qui me sont chères.

C’est ainsi qu’est née l’aventure de Teinture Sauvage : pratiquer une activité artisanale à la campagne, s’imprégner d’un savoir-faire ancestral, utiliser les richesses de la nature sans l’appauvrir, créer des couleurs entièrement naturelles selon des procédés écologiques… Voilà ma modeste contribution pour un avenir plus durable et plus respectueux de la nature.

Je fais ma part.

Céline