Teinture à l’oignon

Ou comment bien s’occuper de ses oignons

J’aime l’oignon.

Sous toutes ses formes. En tarte, chutney, soupe… Je le mets à toutes les sauces pour accommoder les plats. L’oignon est bon à manger et bon pour la santé.

Et en couleur végétale, il donne quoi ? Ses pelures offrent de très jolies nuances de jaunes, orangés, prunes ou verts. Alors comment teindre avec des pelures d’oignons ? C’est assez simple.

Tissus teints avec des oignons posés sur une planche de bois. en premier plan, deux oignons et des pelures déposées dans une assiette de cuivre

Le procédé de teinture est simple

Simplicité de la récolte de l’oignon

Rien de plus simple que de recueillir les pelures tombées au fond des cagettes où ils sont entreposés. Bien évidement, je vous recommande de les choisir issus de l’agriculture biologique.

Vous pouvez ainsi récupérer ces déchets végétaux en grande quantité toute l’année, et les stocker dans un sachet kraft ou une cagette, bien au sec.

Veillez à ne conserver que les pelures extérieures bien sèches. Elles sont plus riches en colorant et vous évitez ainsi les moisissures.

Les oignons rouges et jaunes conviennent tout aussi bien. Ils offriront des nuances différentes. N’hésitez pas à les mélanger pour élargir la palette de couleur.

Les pelures d’oignon sont riches en quercétine, un colorant jaune de la famille des flavonoïdes. Les oignons rouges font partie des végétaux les plus riches en quercétine.

Une fois votre récolte faite, vous pouvez passer les pelures au robot ménager pour les hacher menues.

Simplicité de la teinture à l’oignon

Prévoyez au moins un poids de pelures égal au poids de vos fibres à teindre. Si vous le pouvez, doublez la dose pour des couleurs plus saturées.

Vous pouvez teindre aisément la laine, la soie, le coton, le lin ou encore le chanvre. Les nuances seront différentes selon la qualité et la nature de la matière.

Contrairement au phytolaque mais comme pour la teinture au curcuma ou à l’avocat, le mordançage n’est pas nécessaire.

Il est seulement facultatif. Un mordançage à la betterave pour les fibres animales (laine et soie) ou au symplocos pour toutes fibres (animales ou végétales) permet de faire des nuances plus soutenues. Je n’ai pas testé mais il me semble que le mordançage à l’alun (que je pratique pas) donne des jaunes vifs avec l’oignon.

Première étape de la teinture à l’oignon

Trempez vos pelures d’oignon hachées dans une marmite d’eau. Et laissez reposer pendant une nuit.

Le lendemain, faites chauffer la marmite jusqu’au petit bouillon (85 °C).

En cours de cuisson, le jus va rougir. Maintenez à petit bouillon au moins 45 minutes jusqu’à 1 heure, voire 1h30 en fonction de la quantité de plante.

Ajoutez de l’eau en cas d’évaporation afin de maintenir le végétal immergé.

Coupez le feu. Laissez tiédir et filtrez la décoction avec une étamine. Réservez le jus.

Pour une plus forte concentration en colorant, vous pouvez recommencer l’opération et faire une seconde décoction avec le végétal récupéré dans l’étamine. Ajoutez le second jus au premier.

Laissez reposer le jus ainsi obtenu pendant une nuit.

Seconde étape de la teinture à l’oignon

Versez votre jus d’oignon dans une marmite suffisamment grande pour déployer convenablement vos fibres à teindre.

Ajoutez les fibres, mordancées ou pas, préalablement mouillées et essorées. Veillez à ce qu’elles soient complètement immergées. La bonne quantité d’eau dans un bain de teinture est approximativement de 20 litres pour un 1 kg de fibre à teindre. On augmente un peu ce ratio pour des petites quantités, soit 2.5 voire 3 litres pour 100 g de tissu.

Chauffez votre marmite et montez progressivement en température jusqu’au petit bouillon (85°).

Maintenez à cette température entre 30 minutes et 1 heure environ en prenant soin d’ajouter de l’eau chaude en cours de cuisson pour maintenir les fibres immergées.

Pour une couleur la plus uniforme possible, remuez régulièrement (toutes les dix minutes environ) et doucement.

Coupez le feu et laissez refroidir le bain teinture.

Si vous teignez de la soie, le bain de teinture se fera à froid en laissant tremper les fibres pendant 12 heures et en prenant soin de remuer régulièrement.

Une fois le bain refroidi, sortir les fibres et les essorer. Les faire sécher à l’ombre.

Pour nuancer la couleur, vous pouvez tremper votre tissu de coton, de lin ou de chanvre dans un jus de fer. Il prendra rapidement des belles nuances de vert ou de gris mauve. Ce nuançage n’est pas possible sur les fibres animales sous peine de les abîmer.

Pour finir, un lavage avec une lessive écologique à ph neutre.

Il y a tant de choses à faire avec l’oignon ! Le seul reproche que je lui ferai c’est de me faire pleurer à chaque fois que je le pèle.
Un « chagrin » vite oublié. La couleur reste quant à elle…

Alors si le cœur vous en dit, à vous de jouer.

Si cet article sur la teinture à l’oignon vous a plu, pensez à le partager. Merci !

Partager